Le bonheur coûte cher

Naaan ? C’est pas vrai ? Oh mon dieu, mon dieu, mon dieu (oui dans ces cas-là on devient pieuse ; enfin vous avez juste évité la version réelle, vulgaire mais cathartique qui est réellement sortie de votre bouche féminine et délicate !). Quoi mais c’est dingue, on déménage, on s’en va, on prend nos cliques et nos claques et on va … à la mer ???!!! Et c’est pas seulement pour des vacances ? Naaaannnn … mais attends, truc de ouf !

         Bon voilà en résumé, le doux et tendre a réalisé votre rêve le plus cher (après le bébé évidemment) : partir s’installer près de la côte atlantique ! Et là enchaînement magique. Une cousine bénie des dieux et déesses du Valhalla, qui recevra votre vénération perpétuelle, vous sauve la mise en vous prêtant une bâtisse monumentale avec piscine (excusez-nous du peu !) afin que vous puissiez avoir un toit sur la tête, en attendant de trouver votre home-sweet-home, puisque cette petite mutation se fait en l’espace d’une semaine et demie !

         Alors, les cartons faits, le déménageur déniché, vous partez la banane accrochée aux lèvres pour un repos bien mérité auprès de votre océan chéri.

         Et là, je n’ose… allez si j’ose… c’est le drame.

         Arrivés à destination, une envie soudaine vous prend à 23h environ de vous vider de vos tripes. Jusqu’à 3h ou 4h du matin environ, vous ressemblez plus à la fontaine de Trévise version putréfaction à Zombiland qu’à une jolie princesse contant fleurette aux animaux de la forêt. Perte de conscience, et d’amour propre puisque votre doux et tendre tente de vous nettoyer avant l’arrivée de l’ambulance.

         Aux urgences, c’est l’escalade dans la connerie la plus touffue et l’incompétence effarante. On est prêt à vous lâcher avec une simple ordonnance alors que vous ressemblez plutôt à ces cadavres d’animaux desséchés dans le désert, vous savez, ceux dont on ne voit plus que le crâne avec des cornes… Après une re-perte de conscience face à un personnel qui se refile le bébé, un médecin décide enfin, et suite à un agacement non feint de votre amoureux, de prendre les choses en main et de vous enfiler (par les veines, rooohhh), un cocktail réhydratant-anti-vomitif/diarrhéique-spasmodique afin que vous retrouviez un semblant de forme humaine… le tout en puant encore les excréments qu’aucun membre du personnel n’a cru bon nettoyer sur votre corps épuisé. On appelle ça une gastro foudroyante ! qui vous tiendra une bonne semaine et demie ! Comme on l’a déjà chanté : si tu veux perd’tes kilos, aies une gastro, etc etc.

         Le lendemain, c’est votre neveu qui décide d’enchaîner avec vous afin de poursuivre l’œuvre entreprise par le gentil petit virus. Quelques heures après, votre adorable petite chatte de 4 mois à peine décide de grimper à un arbre (alors qu’elle n’avait vu qu’un balcon) et de choisir le chemin le plus rapide pour descendre, c’est-à-dire de la branche au sol (en tapant tout de même une branchette avec la tête au passage)… soit environ 3 à 4 mètres. Comme elle a 9 vies, elle en a juste grillé une, sans égratignure.

         Mais l’aventure ne s’arrête pas là. Le lendemain, votre maman d’amour, en démarrant, roule sur ladite cascadeuse en herbe qui par miracle s’en sort, là aussi, sans égratignure (plus que 7 vies) mais avec une peur panique de tout ce qui fait vroum vroum… Et une prostration d’environ 4 jours. Ce qui fait qu’elle est restée alitée avec vous finalement.

         Mais… c’est pas fini ! Oui, désolée, j’ai pas eu le choix, cette sentence est parfaitement adaptée à la situation. Vous, continuant de vous vider régulièrement, n’avez pas réussi à épargner votre tendre progéniture de 11 mois qui se met à vomir ses tripes pendant 1h30. Alors, rebelote, urgences, angoisse d’être à nouveau hyper mal accueillis. Mais que nenni. Tout d’abord votre rejeton va vachement mieux avant même d’arriver à destination (c’est un classique), mais en plus, l’équipe est top et soigne la chair de votre chair avec efficacité. Ouf, on commence à souffler.

         Non, non ! Ne jamais crier victoire trop vite… Sur le chemin du retour en effet, vers 2h30 du matin, deux chevreuils, oui, deux, pas un, deux (des potes, sûrement, rentrant un peu bourrés d’une teuf dans la forêt de pins), décident de vous rappeler comment un flipper fait tilt quand vous y aller un peu fort sur les boutons. Le premier effectue une superbe glissade sur le capot et l’autre heurte de plein fouet le radiateur, se transformant ensuite, en un dos d’âne qui vous fait réaliser que normalement c’est pas mou un dos d’âne… Et voilà comment, à 3h du mat, vous vous retrouvez avec une voiture explosée juste avant votre déménagement. Heureusement, vous n’avez pas ressenti les effets de la gastro à ce moment-là.

         Ensuite, progressivement, les choses s’arrangent. Même si, une fois que vous vous sentez hyper mieux, vous loupez une réunion de famille qui vous tenait à cœur parce que tous les vacanciers de la région ont décidé de rentrer en même temps, paralysant l’ensemble de la zone et à peu près tous les accès à votre destination… putain…

         Puis, vous déménagez. Enfin, vous sentez, l’espoir renaître petit à petit. Quand vous apprenez, le jour de la réception de vos meubles, que votre mamie a décidé de partir pour un endroit où elle pourra continuer à réaliser sa cuisine divine… pour l’éternité.

         La boucle est bouclée. Le bonheur coûte cher. Mais… on va vivre à la mer !

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