Le bonheur coûte cher

Naaan ? C’est pas vrai ? Oh mon dieu, mon dieu, mon dieu (oui dans ces cas-là on devient pieuse ; enfin vous avez juste évité la version réelle, vulgaire mais cathartique qui est réellement sortie de votre bouche féminine et délicate !). Quoi mais c’est dingue, on déménage, on s’en va, on prend nos cliques et nos claques et on va … à la mer ???!!! Et c’est pas seulement pour des vacances ? Naaaannnn … mais attends, truc de ouf !

         Bon voilà en résumé, le doux et tendre a réalisé votre rêve le plus cher (après le bébé évidemment) : partir s’installer près de la côte atlantique ! Et là enchaînement magique. Une cousine bénie des dieux et déesses du Valhalla, qui recevra votre vénération perpétuelle, vous sauve la mise en vous prêtant une bâtisse monumentale avec piscine (excusez-nous du peu !) afin que vous puissiez avoir un toit sur la tête, en attendant de trouver votre home-sweet-home, puisque cette petite mutation se fait en l’espace d’une semaine et demie !

         Alors, les cartons faits, le déménageur déniché, vous partez la banane accrochée aux lèvres pour un repos bien mérité auprès de votre océan chéri.

         Et là, je n’ose… allez si j’ose… c’est le drame.

         Arrivés à destination, une envie soudaine vous prend à 23h environ de vous vider de vos tripes. Jusqu’à 3h ou 4h du matin environ, vous ressemblez plus à la fontaine de Trévise version putréfaction à Zombiland qu’à une jolie princesse contant fleurette aux animaux de la forêt. Perte de conscience, et d’amour propre puisque votre doux et tendre tente de vous nettoyer avant l’arrivée de l’ambulance.

         Aux urgences, c’est l’escalade dans la connerie la plus touffue et l’incompétence effarante. On est prêt à vous lâcher avec une simple ordonnance alors que vous ressemblez plutôt à ces cadavres d’animaux desséchés dans le désert, vous savez, ceux dont on ne voit plus que le crâne avec des cornes… Après une re-perte de conscience face à un personnel qui se refile le bébé, un médecin décide enfin, et suite à un agacement non feint de votre amoureux, de prendre les choses en main et de vous enfiler (par les veines, rooohhh), un cocktail réhydratant-anti-vomitif/diarrhéique-spasmodique afin que vous retrouviez un semblant de forme humaine… le tout en puant encore les excréments qu’aucun membre du personnel n’a cru bon nettoyer sur votre corps épuisé. On appelle ça une gastro foudroyante ! qui vous tiendra une bonne semaine et demie ! Comme on l’a déjà chanté : si tu veux perd’tes kilos, aies une gastro, etc etc.

         Le lendemain, c’est votre neveu qui décide d’enchaîner avec vous afin de poursuivre l’œuvre entreprise par le gentil petit virus. Quelques heures après, votre adorable petite chatte de 4 mois à peine décide de grimper à un arbre (alors qu’elle n’avait vu qu’un balcon) et de choisir le chemin le plus rapide pour descendre, c’est-à-dire de la branche au sol (en tapant tout de même une branchette avec la tête au passage)… soit environ 3 à 4 mètres. Comme elle a 9 vies, elle en a juste grillé une, sans égratignure.

         Mais l’aventure ne s’arrête pas là. Le lendemain, votre maman d’amour, en démarrant, roule sur ladite cascadeuse en herbe qui par miracle s’en sort, là aussi, sans égratignure (plus que 7 vies) mais avec une peur panique de tout ce qui fait vroum vroum… Et une prostration d’environ 4 jours. Ce qui fait qu’elle est restée alitée avec vous finalement.

         Mais… c’est pas fini ! Oui, désolée, j’ai pas eu le choix, cette sentence est parfaitement adaptée à la situation. Vous, continuant de vous vider régulièrement, n’avez pas réussi à épargner votre tendre progéniture de 11 mois qui se met à vomir ses tripes pendant 1h30. Alors, rebelote, urgences, angoisse d’être à nouveau hyper mal accueillis. Mais que nenni. Tout d’abord votre rejeton va vachement mieux avant même d’arriver à destination (c’est un classique), mais en plus, l’équipe est top et soigne la chair de votre chair avec efficacité. Ouf, on commence à souffler.

         Non, non ! Ne jamais crier victoire trop vite… Sur le chemin du retour en effet, vers 2h30 du matin, deux chevreuils, oui, deux, pas un, deux (des potes, sûrement, rentrant un peu bourrés d’une teuf dans la forêt de pins), décident de vous rappeler comment un flipper fait tilt quand vous y aller un peu fort sur les boutons. Le premier effectue une superbe glissade sur le capot et l’autre heurte de plein fouet le radiateur, se transformant ensuite, en un dos d’âne qui vous fait réaliser que normalement c’est pas mou un dos d’âne… Et voilà comment, à 3h du mat, vous vous retrouvez avec une voiture explosée juste avant votre déménagement. Heureusement, vous n’avez pas ressenti les effets de la gastro à ce moment-là.

         Ensuite, progressivement, les choses s’arrangent. Même si, une fois que vous vous sentez hyper mieux, vous loupez une réunion de famille qui vous tenait à cœur parce que tous les vacanciers de la région ont décidé de rentrer en même temps, paralysant l’ensemble de la zone et à peu près tous les accès à votre destination… putain…

         Puis, vous déménagez. Enfin, vous sentez, l’espoir renaître petit à petit. Quand vous apprenez, le jour de la réception de vos meubles, que votre mamie a décidé de partir pour un endroit où elle pourra continuer à réaliser sa cuisine divine… pour l’éternité.

         La boucle est bouclée. Le bonheur coûte cher. Mais… on va vivre à la mer !

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Quand on est célibataire…

Etre célibataire sans enfant présente sans aucun doute des avantages non négligeables dans une vie déjà fortement contraignante. Vous allez de ce pas découvrir de nombreuses raisons qui prêchent en faveur de ce mode de vie. La liste n’est pas exhaustive.

  1. Quand on est célibataire, on garde tout son fric rien que pour soi et on en fait que ce qu’on veut, sans se poser de question. Et ça c’est bon !! Et si on est à découvert, ça n’emmerde que soi.
  2. Quand on est célibataire, on peut laisser un bordel monstre dans son appart sans se soucier de savoir s’il va falloir faire une énorme concession en acceptant de ne pas envahir l’autre ! Ca n’emmerde que soi ! Haha ! Trop cool !
  3. Quand on est célibataire, on peut jouer aux fringues musicales : jeter ses affaires sur le canap quand on rentre, puis les déplacer sur le lit quand on se pose sur le canap, puis les poser sur une chaise dans la chambre quand on va au lit puis enfin les ranger parce qu’on finit par se porter soi-même sur le système. Mais ça n’emmerde que soi.
  4. Quand on est célibataire, on peut porter son pyjama en pilou tous les soirs et se regarder dans la glace en se disant qu’on est presque sexy ! On s’en fout, se mentir à soi-même, ça n’emmerde que soi.
  5. Quand on est célibataire, on peut danser en petite culotte comme une folle à travers tout l’appart en écoutant 20 fois la même chanson. Ca n’emmerde que soi de savoir que personne ne peut en profiter pour se rincer l’œil.
  6. Quand on est célibataire, on peut regarder des séries moisies en streaming tout en mangeant des aliments peu recommandables pour la santé. On s’en fout, ça n’emmerde que soi de détruire ses intestins.
  7. Quand on est célibataire, on peut se balader où on veut sans avoir à écouter l’autre émettre un vœu pour choisir une direction. Ca n’emmerde que soi de se dire qu’on partagerait bien un bout de chemin en jolie compagnie ou bien qu’on s’est perdu tout seul comme un grand.
  8. Quand on est célibataire, on choisit son rythme et on se couche à l’heure qu’on veut. Ça n’emmerde que soi d’avoir la tête dans le derrière le matin juste à cause de soi-même (quoique, là, petit bémol, ça emmerde aussi les collègues et les victimes de notre mauvaise humeur).
  9. Quand on est célibataire, on a toute la couette pour soi. Pas besoin de lutter pour récupérer les bords ou pour gagner de la place dans le lit. Ça n’emmerde que soi de se dire qu’on aimerait avoir moins froid dans le lit, le soir, quand on se couche, seul…
  10.  Quand on est célibataire, on peut aller voir le film qu’on veut au cinéma. Pas de concession à faire. Ca n’emmerde que soi de ne pas pouvoir partager ses impressions après le film, finalement !
  11.  Bon ben, quand on est célibataire, on a plein de raisons d’être tranquille, avec soi-même, sans quelqu’un pour nous emmerder. On le fait très bien tout seul !

Finalement, quand on est célibataire, on se dit que ce serait peut-être sympa de s’emmerder à deux…

Le plus grand trip… à consommer sans modération.

Le plus grand trip, c’est la vie. Elle t’offre de vivre à la fois des very bad trips et des very good trips ! Rien d’artificiel ne peut te procurer une telle débauche de sensations et d’émotions. Et en plus il a le mérite de se consommer sur le long terme. Il est gratuit et modulable selon les circonstances, la volonté, la faiblesse. On peut parfois le maîtriser et parfois le subir mais quoiqu’il arrive il laisse toujours un goût délicieux de fruit en pleine maturité.

En plus, il ne te laisse jamais en paix, tu vis avec lui, tu le chouchoutes ou le détestes, tu voudrais le diminuer ou l’augmenter, il t’épuise ou te revigore, il te désespère ou te redonne espoir. C’est ton trip et pour le coup, il est vraiment perso, mais se partage à tout moment.

Parfois, il se mélange même avec le trip d’un autre, et là, boum, c’est l’explosion, exacerbation des sens, exagération des sentiments. Il brûle agréablement au fond de ton cœur. Il irradie. Il se répand et crée une aura autour de toi. Un trip à deux, le pied total.

Et parfois, il retourne dans sa tanière, se la joue perso, ne veut plus partager. Rejette, repousse, refuse, se renferme. Mais sa soif de s’extérioriser renait à chaque fois. C’est un phénix, ce trip. Il ne faut pas en avoir peur. Il faut l’accepter, il faut admettre qu’on peut planer avec lui au risque de chuter, mais aussi de s’envoler haut, très haut.

Enfin voilà, il est chouette quand même ce trip. Elle est fascinante cette vie. Quoiqu’il arrive !

Dis, pourquoi tu dors pas ?

Tiens, il y a une tache au plafond. C’est bizarre, elle n’y était pas avant, ou alors, j’ai pas remarqué. Qu’est-ce que ça peut bien être ? Une fuite chez les voisins du dessus ? Non ça n’a pas l’air marron, et puis ils nous auraient prévenu, non ? C’est étrange on dirait qu’elle est un peu rouge. Il est fait avec quels matériaux cet immeuble au fait. Bon on s’en fout, rendors-toi. Et si c’était du sang ? Mais oui allez, dors. Non mais vraiment, ça fait longtemps qu’on les entend plus les voisins. Surtout leur bébé. Oh mon dieu et s’ils l’avaient tué. Peut-être qu’ils se sont enfuis et qu’ils l’ont laissé se vider comme un cochon égorgé. Merde, c’est dégueu. Je vais pas réussir à me rendormir là. Je me disais bien que je les trouvais louches ces individus. Et s’ils sont encore là, qui sait si ce ne sont pas des gros psychopathes. Je vais faire attention en les croisant maintenant. Putain ça fout les jetons. Allez dors, dors. Force-toi un peu et pense à des choses plus gaies. Rahh, c’est mort, je vais lire mon livre à la place : L’étrangleur du troisième étage, ça me changera les idées !

        

         Vous connaissez ça vous aussi ? Oui certainement. C’est un petit peu agaçant une insomnie, n’est-ce pas ? Elles sont comme des hydres. Vous avez beau les chasser, elles reviennent sans cesse envahir vos nuits. Elles sont multiformes, puisent leurs origines dans toutes les sources de frustrations, de peurs, d’angoisses et de soucis qui vous submergent. Le florilège des pensées qui nous assaillent la nuit laisse entrevoir un soupçon de schizophrénie aiguë. Certaines sont soft d’autres à la limite de l’internement.

 

         Il y a les insomnies qui vous permettent de configurer votre journée du lendemain, les « insomnies listing ».

« Alors je vais me lever à 7 heures, c’est-à-dire dans moins de deux heures. Sachant que je n’ai dormi que trois heures cette nuit, cela me laisse la possibilité de : me lever, faire le ménage, la vaisselle, la lessive, ranger tous les papiers, aller au boulot, assurer les presque 10 heures de présence sans piquer du nez, rentrer, faire les courses, finir de tailler et d’assembler ma prochaine robe, préparer le repas, débarrasser, refaire la vaisselle, (ici, c’est une femme sans enfant évidemment, sinon, il faudrait ajouter lever les enfants, les habiller, les faire petit-déjeuner, retrouver les affaires de classe qui manquent dans le cartable, mais pourquoi ça n’a pas été fait la veille, bon sang, les amener à l’école, les récupérer, amener le grand au rugby, le petit au judo, vérifier les devoirs, leur faire prendre le bain, les faire manger, laver les dents, lire une histoire, lutter pour que le premier éteigne la lumière et que l’autre ne fasse pas de cauchemar et pipi au lit), être sublime pour votre amoureux, faire un câlin, et… vous replonger dans une foutue insomnie.

 

Après avoir imaginé cette journée qui vous attend, il est évidemment impossible pour vous d’achever les deux heures de sommeil qui vous restaient. La journée va forcément prendre une tournure moins précise, plus chaotique. Du genre : vous vous cognez le pied au réveil, le chauffe-eau a pété, la voiture ne démarre pas, vous explosez au boulot déversant un maelström incohérent d’inepties à tous ceux que vous croisez, vous oubliez de récupérer le petit au judo, vous finissez par le retrouver au commissariat puisqu’on n’a pas pu vous joindre sur votre portable éteint, vous passez pour une mère indigne, le dîner crame parce que vous êtes en train de faire trente-six choses à la fois. Vous pensez très brièvement à faire un énorme bang avec le méthane qui s’échappe des brûleurs de la cuisinière mais votre optimisme vous en défend… Bref, la journée que vous aviez planifié avec précision se transforme en hécatombe pour s’achever en une chute vertigineuse dans un sommeil profond de plusieurs heures pendant lesquelles le monde pourrait bien s’effondrer, vos enfants détruire entièrement la baraque. Mais non, au contraire, face à cet épuisement absolu, votre compagnon s’occupe de tout en disant à voix basse à vos rejetons : « Chut les enfants, maman est très fatiguée aujourd’hui, alors on ne va pas faire de bruit ni d’histoire et on va tout faire à sa place ce soir. » Tirez-en la leçon que vous voulez !

 

         On vit aussi parfois l’insomnie-efficacité : tout ce que vous avez planifié dans l’insomnie ci-dessus, vous le faites pendant la nuit. Dans ce cas, essayez, si possible, de ne pas inclure toutes les tâches concernant vos enfants, vous finiriez encore au poste en laissant votre plus petit devant la salle de judo à 3 heures du matin ! Ca ne se fait pas, tout simplement. Non vraiment.

 

         Il y a aussi l’insomnie où vous rejouez votre journée. Vous savez, celle où vous vous êtes retrouvée incapable de riposter aux attaques, où les mots sont venus quelques heures après la bataille, celle où on se réfugie dans les toilettes après une rixe et qu’on se regarde dans un miroir en se disant qu’on est trop conne bordel de bordel. Mais cette nuit, pendant cette absence de sommeil presque salutaire, vous envoyez enfin péter votre collègue qui vous charrie sans relâche, les réponses aux angoisses que vous aviez eues sont effacées d’un revers de conscience nonchalante. Vous rechargez vos accu en puissance de feu redoutable. Cette insomnie-là est revigorante, mais ne sentez-vous pas un léger goût amer de : « Mais pourquoi n’as-tu pas eu la force de dire tout ça sur le moment ? » La prochaine fois, apprenez par cœur vos répliques cinglantes ; entraînez-vous sur votre compagnon, vos enfants, faites comme vous voulez, mais ne laissez pas passer les leçons de cette décharge d’adrénaline.

         Bon, il y a aussi l’insomnie-partagée. Celle-ci est vraiment fourbe, égoïste. C’est celle du : « Tu dors ? Hé, tu dors ? Hého, tu dors ? Oh pardon je t’ai réveillé. Désolée, j’arrivais pas à dormir parce que blablablablablablablablablabla. » Alors-là, dites-le vous tout net, si votre moitié ne vous tranche pas la gorge c’est qu’elle fait preuve d’un amour inconditionnel dont il s’agirait de conserver tout l’éclat pendant encore un bon moment. Alors choisissez une autre insomnie plutôt que d’affronter la honte d’avoir pollué l’esprit d’un être aimé. Bouh, pas beau…

         Comme vous le voyez, vous n’êtes pas seule face à votre psychopathie du sommeil. Alors racontez-nous, vous aussi, vos insomnies. Rassurez-nous en prouvant que tous ces moments de grande solitude ne sont pas uniques. Aidez-nous à accepter nos petits moments de folie passagère. Elle deviendra plus douce et acceptable. Et puis, vous avez peut-être des petits trucs infaillibles pour les faire passer. Nous acceptons tout : psy, tartes dans la gueule ou sages recettes de grands-mères.

Le choc des mots… le poids du frigo ou Petit dialogue philosophique avec mon frigo

Vous est-il déjà arrivé d’avoir la très nette impression que vos appareils électroménager font plus que fournir une satisfaction à votre consommation effrénée ? Depuis quelque temps, le frigo de votre « écriveuse » s’est mis en tête de lui parler.

Vous êtes sagement assise dans votre canapé en train de lire un bon bouquin quand soudain… : «  Bzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz ». Le sanglot semble long et plein de reproches. Ayant éliminé la télévision ; la chaîne hi-fi s’étant fait la malle dans les tréfonds du SAV d’un grand magasin, il ne vous reste finalement que votre réfrigérateur pour émettre cette plainte déchirante. Vous vous approchez de lui, écoutez « bzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz ». Vous ouvrez sa porte doucement. Rien. Hormis que pour la troisième fois depuis que vous l’avez en votre possession, il a décidé de vivre dans le noir. Serait-ce un signe de dépression ? Vous refermez la porte et retournez à votre livre. « Bzzzzzzzzzzzzzzzzz ». Le ton semble cette fois plus virulent. Retour auprès de l’engin souffrant. « Bzzz bzzzzz ». Vous engagez le dialogue :

–          Bon que se passe-t-il ? Que me veux-tu, petit frigo ? Je sais bien que tu es tout vide. Est-ce là qu’est le problème ? Tu aimerais regorger d’une multitude de nourritures terrestres ? Pour qui ? Pour quoi ?

–          Bzzzzzzzzzzzzzzzzzzz

–          Non désolée, je ne cèderai pas. Tu devras faire avec. Mais dis-toi que tu m’es tout de même bien utile. Cela devrait te suffire.

Fin du premier dialogue.

Vous êtes loin d’imaginer à quel point sa persévérance à communiquer n’a d’égal que sa capacité à congeler vos aliments. La première semaine, vous répondez à ces souffrances en pressant délicatement sa porte, comme on presserait la main d’un ami désespéré. Cela le soulage mais temporairement. Puis sa mélancolie, sa sensation de vide sidéral s’accentue. « Bzzzzzzzzz », le jour et « Bzzzzzzzzzz » la nuit !

Non là maintenant il va trop loin. Le combat s’engage. Ce ne sont plus des caresses, mais des petits coups que vous lui donnez. La solution de la violence porte-t-elle ses fruits ? Non. Oui bon ben on sait déjà depuis longtemps que plus on agit avec violence plus on nous répond par la violence. Et cet appareil n’a peur de rien. C’est un bloc monolithique blanc qui a quelque chose à exprimer. Vous avez comme l’impression de devenir un des singes de 2001 Odyssée de l’espace. Il vous faut communiquer autrement. Alors vous décidez de lui écrire une lettre. La voici :

 

Cher Réfrigérateur,

Tu accompagnes mes jours depuis déjà 6 ans. Tu as eu quelques sautes d’humeur mais nous avons su prendre soin de toi lorsque le risque de te perdre devenait trop grand. Tu as connu de grands moments de joie, toujours empli de délicieuses viandes et de légumes bio, de divers desserts gourmands et de bouteilles réjouissantes.

Tu as su t’adapter aux changements de maisons, certes nombreux. Parfois un peu plus vide, tu as supporté cette solitude sans mot dire. Je te félicite pour ça.

Le dernier changement d’appartement a été une déchirure pour toi. Tu as perdu Lave-vaisselle avec qui tu adorais philosopher. Tu as commencé par exiger de vivre dans le noir. Chaque ampoule grillée a été changée, mais aujourd’hui rien n’y fait. Soit. Je comprends et accepte. Mais cette plainte, est-elle l’expression d’un manque de communication entre nous? Je sais que tu aimerais à nouveau être choyé et dorloté. Mais peux-tu comprendre qu’il n’en va pas ainsi de la vie, pas toujours ?

Je te promets, en revanche, que si ta propriétaire déménage prochainement, tu te rempliras très vite. Tu pourras de nouveau entendre les conversations et les disputes entre la porte et les étagères pleines. Bientôt, ta propriétaire aura enfin la possibilité d’inviter du monde. Et même, tu rencontreras Lave-vaisselle 2. Je suis sûre que tu t’entendras très bien avec lui. Il te faut patienter un tout petit peu. T’en sens-tu capable ?

Alors si tu es prêt à tenter de nouveau l’aventure avec moi, je te serais gré de cesser ta plainte qui me déchire le cœur (et les oreilles).

Bien à toi.

Ta propriétaire

 

Voilà, votre  « écriveuse » vous tiendra évidemment au courant des avancées de cette thérapie par la parole. Pour le moment elle semble miraculeusement porter un peu ses fruits. Mais nous attendons toujours une jolie lettre du réfrigérateur dépressif…

C’est moi ou mon banquier est en train de me prendre pour une conne ?

Cela fait quinze jours que vous êtes séparée. Vous émergez à peine, ramez tous les matins pour avoir un sourire de complaisance et digne d’une femme forte. Vous n’avez pour le moment qu’à vous soucier de vous, quand soudain … votre ex vous annonce qu’il faut séparer les comptes en banque. Quoi, que dit-il ? Une espèce de tourbillon noir s’approche de votre cerveau et vient parasiter la seule pensée du jour : ne pas pleurer. Les idées s’embrouillent ; vous avalez votre salive et reprenez en chœur avec votre cœur qui bat : « Séparer quoi ? Les compotes ? Ha les comptes ! Ha oui les comptes. » Pfiou grand dieu, mais c’est quoi ces contingences qui viennent bouleverser votre nouveau quotidien ? Bientôt on va vous dire qu’il faut refaire tous les papiers et prendre de nouvelles assurances. Ha ça aussi il faut le faire… Le nuage devient nuées infernales, plus rien de fonctionne, le vaisseau-mère perd de l’altitude et explose sur le sol en mille fracas irrécupérables. Bienvenue dans la réalité qui fait mal.

Je sais qu’avec ta bienveillance, petit lecteur, tu diras que ça peut au moins occuper l’esprit et permettre d’organiser un peu la vie de ton écriveuse. Oui sauf que ce genre de démarche ressemble plus en France à un parcours du combattant, un des douze travaux d’Astérix, vous rendant folle à la moindre occasion.

Alors certes il faut s’y atteler. Soit, le rendez-vous est pris avec le conseiller financier qui dès le départ semble légèrement perturbé. Sa transpiration inquiète en dit long sur le mauvais moment qu’il va falloir passer. Tout est prêt, les ex-conjoints sont d’accord sur tout. Il suffit juste de vous ouvrir un petit compte rien qu’à vous. OOOOH, un compte rien qu’à vous, comme avant, un truc que vous allez gérer seule … C’est chouette ! Le nuage s’éclaircit quand vous visualisez votre petit carnet de chèque à qui vous serez seule à rendre des comptes. Et la carte bancaire ? Yes ! elle pourra chauffer égoïstement, juste pour vous, vous, vous et vous seule. O joie indicible. Hélas, je t’entends déjà petit lecteur… Ne pas se réjouir trop vite. Vous le savez pourtant. Retranscription du drame qui s’est joué sous vos yeux :

–          Le banquier : « Bien nous allons donc ouvrir un compte pour Madame. J’indique donc votre nom d’épouse.

–          Vous : Non, mon nom de jeune fille …

–          Le banquier : Ha non vous n’êtes pas encore divorcée.

–          Vous et votre ex-conjoint : Mais ça ne change rien… Il est possible d’ouvrir un compte sous le nom de jeune fille.

–          Le banquier (que vous commencez à voir comme une victime potentielle de votre furie) : ha non, non, je ne peux pas faire ça.

–          Vous : Attendez… que je réfléchisse, notre compte joint portait le nom de mon époux et mon nom de jeune fille. Je ne vois pas pourquoi je devrais désormais, alors que je suis séparée, avoir un compte avec le nom de mon ex-mari.

–          Le banquier : Ha ce n’est pas encore votre ex-mari ! Je tiens à le préciser :

–          Vous : Mais il me cherche, il veut voir ce que ça fait une femme de 30 ans à peine séparée qui a une maîtrise toute relative de ses émotions, toute relative… (Non ça en fait, vous ne l’avez pas dit, mais fichtre vous auriez vraiment dû.)

Même votre ex-conjoint n’en revient pas. Vous vous dites presque par transmission de pensée, qu’il vaudrait mieux partir très vite, et aller dans une autre banque. Mais vous ne le faites pas.

–          Le banquier : Mais ne vous inquiétez pas ce ne sera pas compliqué de faire le changement rapidement. Bon mais vous êtes sûrs de vouloir divorcer ?

AAAAAAAAAAHHHHHHH ! Meurtre, massacre à la petite cuillère, castration violente à coup de talons aiguilles. Mais c’est quoi son problème ?

–          Le banquier : non parce que vous semblez vous entendre très bien !

Putain décroche vite ton sourire et essuie ta transpiration, mec, parce que tu ne sais pas encore ce que signifie souffrir physiquement, mais tu vas l’apprendre dans peu de temps.

Et là, face à cette tête à claques, vous lâchez prise, vous n’avez pas la force de lutter. Et vous acceptez. Sauf que votre gentil petit banquier a omis tous les changements en double que cela va impliquer pour vous, votre employeur, votre mutuelle, vos abonnements divers et variés, vos assurances, votre trésorerie, votre sécu (qui n’a d’ailleurs jamais enregistré votre changement de compte et a versé vos remboursements sur celui de votre ex-conjoint… pendant deux ans). Car, oui, il a fallu faire le premier changement avec le nouveau numéro de compte puis avec le nouveau changement de nom après le divorce. Que du bonheur. Et pas de prise de tête du tout.

Donc le seul conseil que ton écriveuse peut te donner petit lecteur, c’est de ne jamais laisser ton banquier parler avant toi. Tu lui donnes tous les éléments et il exécute. On se fout de savoir si c’est sympa ou pas. Ton intransigeance portera ses fruits et simplifiera ta vie.

 

Epilogue : quelques jours après cet épisode désagréable, Banquier-transpirant vous appelle :

–          Banquier : Bonjour Madame-je-persiste-à-vous-appeler-par-votre-nom-d’épouse, je pense qu’il serait judicieux de parler des sommes que vous avez de côté pour envisager un placement intéressant.

–          Vous : (et vous l’avez dit pour de vrai cette fois-ci, avec le ton d’une vraie Lady, digne de ce nom) Non je ne pense pas. Dans tous les cas pas avec vous puisque vous avez fait preuve d’une incompétence désespérante et lourde de conséquence. En vous souhaitant une bonne journée.

Fierté : Votre premier acte de résistance… Et il y en aura d’autres !

One little, two little, three little white pearls …

Un soir, vous quittez le travail assez tôt. La motivation est grande et vous avez, chez vous, une tâche à accomplir qui a été repoussée à de trop nombreuses reprises. Maintenant vous n’avez plus le choix, il faut vous lancer. Mais vous ignorez à quel point le danger est grand ! Musique des Dents de la mer…

Lors de votre déménagement, vous avez souhaité conserver un GROS coussin rempli de petites perles de polystyrène. Ben oui, n’ayant pas de fauteuil, il aurait pu être utile pour faire asseoir vos convives. Oui je sens petit lecteur que tu entrevois le drame qui s’est joué dans mon foyer. Placé derrière le canapé-lit, le dit-coussin attendait patiemment d’être utilisé comme il se doit. Il brûlait de pouvoir servir sa maîtresse en accueillant des fessiers festifs et partager des moments de joie et d’allégresse ! Or… un outrecuidant animal rongeur trouva cocasse de grignoter un bout de tissu, révélant une blessure qui ne fût jamais réparée. Quand le coussin se vit un jour soulevé pour quelque passage d’aspirateur, il dévida ses entrailles discrètement mais en quantité suffisante, juste après ledit passage d’aspirateur. Quelle ne fût la surprise de votre chère « écriveuse » lorsqu’elle tira son canapé et découvrit le champ de bataille qui s’offrait à elle. Mais elle repoussa ce qui semblait pourtant nécessaire : le ramassage des restes du soldat blessé. (L’avantage c’est que ça ne sent pas la mort comme le cadavre d’une souris par exemple !)

Nous revenons donc à ce soir de janvier où la motivation est grande de réunir les vestiges du coussin et de lui rendre un dernier hommage avant de l’envoyer, avec une joie non dissimulée, dans le conteneur à ordures. Le canapé est dégagé du mur avec une force herculéenne (ben quoi je suis bien obligée de m’envoyer des fleurs, non ?). Le spectacle est presque poétique … une mer de petites perles blanches recouvre le sol brun. Soit, l’aspirateur est attrapé, branché, mis en route et son moteur rugit de plaisir… Et là … c’est le drame ! Petit lecteur sache-le, ne jamais, jamais, ô grand jamais aspirer des billes de polystyrène avec un aspirateur, même sans sac. Tout se bloque, le moteur surchauffe, le tuyau se tapisse de perles… Vous n’avez pas oublié un truc ! Le plastique transmet l’électricité statique… Or les composants de l’aspirateur sont en … ET OUI ! Tout s’emballe, vite débrancher l’appareil au risque de le voir exploser (dans ces moments-là vous envisagez le pire). Le champ de bataille est dévasté. Votre principal lieutenant a été blessé trop grièvement pour garder espoir de le réutiliser de suite. Les perles, avec l’effet d’entrainement, ont commencé une danse digne d’une nuit de sabbat.

Vous devez réfléchir vite. Le balai et le sac poubelle sont la première idée. Mais là, vous omettez que ledit balai est lui aussi composé de plastique ; les perles grimpent sur son manche pour envahir progressivement votre corps. Vos habits attirent ces diablotins comme des aimants. Vous vous retrouvez en lutte avec des centaines d’ennemis qui vous assaillent tel Gulliver chez les Lilliputiens. Vos cheveux, qui subissent les affres du froid hivernal, passent du roux au blanc (tiens pourquoi pas, ça peut être sympa, quand vous serez plus âgée). On tente de mettre les perles dans le sac … en plastique. Mais bon sang c’est quoi cette société de merde, qui ne fabrique que des matériaux issus du pétrole ! Donc très mauvaise idée, les électrons s’affolent et la lutte continue. Vous décidez alors de faire une trêve.

L’équation se met en route : polystyrène + plastique + matière synthétique + cheveux = pas bonne idée… Soit ! vous changerez les armes. Après avoir réussi à vous débarrasser des derniers parasites, vous optez pour une tenue de combat plus appropriée : à poil avec les cheveux attachés ! Votre rage n’a d’égal que la férocité de votre ennemi. Avec une feuille de papier, vous commencez à racler le sol et à jeter les prisonniers dans un sachet en … papier ! Hahaha ! Votre regard est démoniaque, vous ressemblez à une folle furieuse, prête à trucider le premier passant qui passe. Ouf, vous avez réussi le plus gros. Mais il reste les finitions. La partie adverse a réussi à s’insinuer petit à petit dans les placards, s’est accrochée au moindre élément électrostatique de votre appartement. Vous n’avez donc plus le choix … L’ARME doit être utilisée.

Direction la salle de bain : Robocop vous y attend : la pince à épiler. Le nettoyeur absolu, terreur des perles qui frémissent sous la menace. Allez hop, on se met à ramper et à ramasser avec une jouissance réelle les voyous qui tentent de fuir. Après une demi-heure de ce labeur sisyphéen, vous voyez enfin vos efforts récompensés. La lutte est gagnée. Le coussin jeté. Le sac en papier prend la même direction.

A présent c’est le repos bien mérité. Vous déposez votre Arme dans sa pochette de rangement, en lui rendant tous les hommages possibles. Et vous vous glissez dans la douche. Vos cheveux qui ont subi de graves blessures sont chouchoutés, puis brossés. Et là, croyez moi ou non … mais de petites bestioles noires en tombent !!! NOOOOOOON, NOOOOOOON, vision cauchemardesque ! Serait-il possible que … est-ce vraiment … DES POUX ! Vous ne trouverez jamais le repos. S’ensuit une séance de shampouinage forcené,  avec l’autre Arme : le peigne à poux. Mais sache petit lecteur que ton humble servante a les cheveux longs et très épais. La séance dure au moins une demi-heure. Fort heureusement les vilaines bêbêtes ne sont pas légions, cette fois-ci. On rince ensuite au vinaigre blanc, suite aux conseils sages et avisés de votre môman chérie !

C’est alors que vous réalisez que cela fait presque trois heures que vous êtes rentrée. La motivation vous a quitté. Mais finalement face à ces péripéties, vous choisissez de garder le sourire, voire d’en rire franchement et d’appeler vos copines pour raconter cette foutue j’aipasséunesoiréedemerdehaouieneffet.com !

Si nous devions tirer une ou deux leçons de ce récit, voilà celles que je vous offrirais :

–          N’écoutez pas Valérie Damido quand elle vous conseille d’investir dans de gros poufs remplis de petites perles blanches !

–          Ne portez plus que des vêtements en coton et attachez vos cheveux s’ils sont longs !

–          Ne vous approchez plus des enfants, ce sont des parasites porteurs de parasites !

Et la toute dernière pour la route : rincez vos cheveux au vinaigre blanc, ça pue, mais ça brille ! Ce fût la seule lumière dans cette soirée de merde !

A pu toto … toto cassée !

Marrez-vous, marrez-vous ! Mais vous aussi ça vous est arrivé. Un matin en speed, vous êtes toujours grippée, vous avez une fièvre carabinée, mais avec les médoc, hein, ça va passer (il faut être confiant dans toutes ces petites pilules chimiques qu’on vous refile, … doute). Et là, après l’avoir fait tomber trois fois sur le trajet de l’appart à la voiture, vous enfoncez la clef dans le bitoniau qui sert à démarrer (démarreur ?). Rien … Comment ça, rien ? Hein ? Quoi rien, b…de b… de m…. Je dois être au taf dans moins de 10 minutes… Allez on recommence. Mais d’habitude elle toussote au moins avant de refuser de démarrer, non ? Ou alors elle fait un petit « clic » avant d’exploser… Hein pourquoi ? Pourquoi ne fait-elle pas « clic » ? Ça nous éviterait de voir le film en accéléré de la suite des évènements (qui appeler ? quoi faire ? assurance, dépanneur, boulot, retard, papiers … ahhhhhh, PANIQUE).

Oui parce que comme vu précédemment, la voiture fait partie de ces petits détails techniques dont vous ne vous étiez jamais soucié ! Ca tombe en panne ces petites choses-là ? Ha bon ! Ça fonctionne pas tout le temps ? Bon il faut la nourrir de temps en temps, nous le savons tous, mais pour le reste… Ris petit lecteur, moque-toi !

Premier réflexe puisque c’est la partie du cerveau qu’il vous manque : appel à l’ex-conjoint… Vous savez pertinemment que son engin à quatre roues à lui, est garé dans la cour d’à côté et qu’il ne l’utilise que peu souvent. Alors mince, il vous doit bien ça. Notez cet argument souvent avancé pour tenter d’insinuer un semblant de mauvaise conscience à l’objet de vos tourments et pour finir de racler les derniers fonds de sa générosité à votre encontre. Utilisez cette petite phrase jusqu’à épuisement, vous y gagnerez parfois au change.

 

VOUS : Salut. J’ai besoin de ta voiture, je suis en panne de l’autre côté du mur d’enceinte qui te protège, s’il te plait, après je te foutrai la paix, mais là j’ai vraiment besoin de ta voiture pour ne pas être en retard au boulot. Et je ne te dis pas en plus la crève que j’ai.

LUI : Je suis en train de me raser là, il faudra que tu attendes.

VOUS  très très doucement à l’intérieur de votre petit cerveau : Mais j’en ai rien à foutre moi que tu sois en train de te raser. Tu essuies la mousse, tu ramènes ta fraise, tu me passes tes clefs et point final. Ça te prend 5 minutes à tout casser, tu vas pas en mourir ? non ? Il faut préciser que vous avez encore ce petit côté égoïste qui vous donne l’impression que, bêtement, tout vous est dû…

VOUS (réponse que vous donnez réellement) : Ben ok, mais je vais être super en retard … Allez… après je t’embêterai plus… (Oh la petite présomptueuse … oui mais parfois ça marche).

LUI : non, je ne peux pas maintenant. Tu devras attendre.

 

Ha le teigneux ! Là vous visualisez un homme (LUI) en train de se faire torturer par une hordes de harpies, lacéré en tout sens, sanguinolent à souhait et souffrant le martyr. Même Jésus sur la croix, il n’a pas ressenti cette douleur. C’est votre façon à vous de garder votre calme et cette vision d’horreur vous permet de lâcher un superbe : « Très bien, ce n’est pas grave, je vais me débrouiller, bonne journée », avec un sourire sur les lèvres parce que ça s’entend au téléphone !

 

Après un éclat de sanglots, on dit bien un éclat de rire, vous respirez un grand coup. Que faire ? Appeler Papa. Il est sage, et surtout assureur de profession. Hop la solution est vite trouvée, les coordonnées du dépanneur fournies. Les appels sont passés en quelques minutes à peine. C’est incroyable le temps qu’on peut gagner quand on n’est pas complètement à la masse sur ces questions-là.

Bon ok, la journée est fichue, le temps que le dépanneur arrive, la moitié de la matinée sera passée. Donc on informe notre hiérarchie que le retard va se prolonger, on appelle le médecin parce qu’on sent que l’arrêt que vous aviez depuis trois jours va aussi se prolonger (la fièvre cogne fortement votre pauvre petite tête).

Mario Bros arrive avec son gros camion, branche deux grosses pinces crocrodile sur votre batterie, vous précise qu’il ne faut pas laisser le plafonnier allumé à l’avenir … Haha ! J’ai fait ça moi ? Puis vous conseille de rouler une demi-heure avec votre engin de malheur. Une demi-heure ?… quand la couette vous appelle furieusement ?… Soit ! Au pire, vous découvrirez des coins que vous ne connaissez pas dans votre ville. ET OUI ! Le sage vous le dira ! Toujours trouver dans l’adversité un moyen de positiver !

Résultat des courses :

–          une Titine qui fonctionne aujourd’hui comme au premier jour (et n’oubliez pas le plafonnier).

–          une grippe qui a terminé de vous laminer pendant une semaine entière.

–          vous connaissez par cœur votre dodo, dans lequel vous avez passé ladite semaine.

–          Oh le joli magasin qui est dans cette petite rue … Tiens il y a un boulanger à côté de chez moi !

En bref dans ce genre de situation, vous avez le choix entre :

–          la bouteille de Destop, mais ça fait mal au ventre et ça a un goût dégueu.

–          croire en la capacité des autres à être généreux et à vous donner un coup de main… ET HOOOOO, y a quelqu’un (écho, écho, écho…)

–          toujours prendre les devants et vous dire que ce genre de choses peut vous arriver et donc écrire sur un petit calepin la procédure à suivre. Il semblerait que ce soit le meilleur conseil à prendre, les autres étant quelque peu douloureux.

Et surtout, surtout PAS DE PANIQUE !