Léon, si tu savais …

Léon, je vais te raconter le jour de ta venue au monde. Pour commencer, sache que j’avais envie que tu attendes d’arriver le jour J. Oui parce que ta mère, dans sa sagesse naturelle, avait purement et simplement enchaîné deux déménagements dans les deux derniers mois de sa grossesse (même si c’est un peu ton père qui a tout fait !) et avec son gros ventre et ses, au moins, 15 kilos en trop avait un grand besoin de repos. Mais non, tu as décidé qu’il était temps de découvrir le monde en ce samedi 5 septembre 2015.

Vers 3 heures du matin, ton père écrasait encore, rechargeant par avance ses accu, sentant lui aussi l’imminence de ton arrivée. De mon côté, je cherchais toujours la position idéale pour dormir quelques secondes avant que tu aies de nouveau le hoquet. Et puis j’ai senti un truc. J’ai senti que tu voulais venir. Qu’il était temps. Alors papa et moi, on est parti à la maternité. Là je sentais encore plus que tu avais envie de sortir. Mais vraiment. Je me suis même dit que tu semblais un peu trop impatient.

A 4 heures, le travail commençait. Le travail c’est quand le bébé a terminé ses bagages, qu’il est sur les starting blocks et que maman se met à pleurer sa mère parce que l’ensemble de son corps n’est qu’une immense source de … forces. Oui, on va dire de forces (non parce qu’en vrai on souffre le martyre, mais c’est beau de donner la vie, attention hein !). Mais alors toi, mon petit Léon, je crois que tu étais vraiment très très très impatient de rencontrer tes parents, parce que tu as à peine laissé à maman 2 heures pour se préparer. A croire que le nid qu’on avait fabriqué ensemble ne présentait plus un grand intérêt pour toi. Et je te comprends ! A 6h30, mon bébé d’amour, tu étais là. Sur mon ventre. Je t’avoue que j’ai été un peu inquiète et qu’ensemble, avec Papa en super coach, on a fait un énorme travail pour que tu sortes. Je n’oublierai jamais, en tous cas, le regard incroyable qu’on a échangé avec ton père quand nous t’avons vu pour la première fois ! Une force d’amour que nous allions te transmettre dans l’instant. Une joie, une stupéfaction inouïes !

Tu étais tellement petit, tellement fin. Un peu trop d’ailleurs parce qu’on a dû te placer sous une lampe bien chaude parce que ta sortie a été tellement rapide que tu étais un peu trop fragile pour résister seul au monde extérieur. Nous avons veillé sur toi toute la journée, subjugués par le petit être que tu étais. Et le soir, lors de notre première nuit ensemble dans la chambre, je ne pouvais pas te quitter des yeux. Toi non plus d’ailleurs. Je ne cesserai de penser à tes deux petites billes qui me regardaient à travers le plastique du berceau. Nous faisions connaissance. Je me suis dit qu’il fallait que je fasse bonne figure pour que tu m’aimes fort et que tu te sentes rassuré et protégé. Et je crois que ça a collé entre nous ! Tout de suite. Sans me vanter hein ! On s’est de suite bien entendu.

Le jour de ta naissance, mon Léon, mon fils, a été une grande épreuve émotionnelle. La plus belle que j’ai eu à vivre. Et ce qui est fou, c’est que 5 mois plus tard, l’épreuve se poursuit avec un bonheur incroyable. Tu es une source inépuisable d’étonnement, d’émerveillement. Oui bon, elle a aussi son lot d’angoisse, de fatigue, de doute. Mais ce n’est rien comparé à ce que tu nous apportes à ton papa et moi. Tu es notre petit miracle quotidien. Nous t’aimons très très fort.