La mutation dont vous êtes le zéro… euh le héros

La mutation dont tu es le zéro… euh le héros.

Ça y est, ton conjoint a réussi à l’obtenir. La fameuse mutation dans la contrée de vos rêves… Le Saint Graal ! Ô joie, ode à l’amour, votre enfant apprendra à marcher en dehors des paillasses bétonnées de la région parisienne. Euphorie et émerveillement. Reste maintenant à savoir ce que toi, feignasse de premier ordre, tu vas faire de tout ça. Lance le dé.

Si tu fais 1 : Ton conjoint est un mage nanti et gagne suffisamment bien sa vie pour t’entretenir pendant plusieurs années (on se demande bien d’ailleurs pourquoi tu as choisi d’être feignasse). Pas de souci pour toi, tu peux prendre un congé parental et t’adonner au macramé et à l’art divinatoire. T’as le temps de la voir venir ta mutation, sous le soleil et au bord de la plage.

Si tu fais 2 : ha. Dommage. Ton conjoint n’est pas un mage nanti. Alors ton congé parental va falloir sérieusement penser à le raccourcir. C’est ce qu’on t’a conseillé de prendre dans l’Antre des Gestionnaires de feignasse, mais tu sens bien qu’il y a une embûche. C’est sans compter avec l’aimable participation de la CAF (ou Comment Atteindre la Folie) qui commet l’erreur fatale de t’accorder une aide qui ne viendra jamais parce que … ton rejeton a plus d’un an… Donc t’as zéro ressource. Un emprunt qui va débuter. Tu dois trouver une solution. Ha… ben tu as fait 2 !

Donc, là tu relances le dé : tu fais 1 : tu prends ton fils sous le bras. Tu rentres dans ton département Déprimland, tu finis de liquider tes quelques écus en faisant des allers-retours pour réunir la famille tous les weekends et payer un double loyer. A ton boulot, tu fréquentes des Orques que tu aurais préféré ne plus jamais revoir. Ton fils devient infernal, tu finis par déprimer, tu fomentes des actions répréhensibles aux yeux de la digne Inquisition… Nan, vas-y relance le dé ; on n’est pas inhumain. C’est pas le bon chemin.

Tu fais 2 : tu tombes sur une bonne fée, elle te fait gagner plein d’argent, tu achètes la maison de tes rêves… oui ben, vas-y arrête de rêver justement, tu te fais du mal. Relance le dé.

Tu fais 3 : tu dégotes un job en 2 jours… on a dit « Arrête de rêver ».

Tu fais 4 (il n’y a que 4 faces sur ton dé) : Là tu entends une voix gutturale prononcer des paroles effrayantes : « Entre ici pauvre feignasse que tu es, et pénètre au cœur des Ténébreux Labyrinthes de la Mutation. » Argh, ta gorge se serre ; tu sais que tu vas devoir affronter les pires dangers et les attaques les plus viles de la part de créatures invisibles. Peut-être même devras-tu faire face à la terrible Moire Ministéria Educationata, maîtresse de ton destin et de celui des pauvres autres feignasses dans ton genre.

Ton chemin est donc celui-là. Et tu y vas, la fleur à l’arc, en bonne guerrière farouche que tu es. Ta mutation, tu demandes. Hors-délai mais ce n’est pas grave. Les Elfes de ta nouvelle contrée ont besoin de feignasses en renfort cette année. Le dé est lancé : 3. Ha… désolés, mais la mutation que vous avez quémandée n’est pas attribuée actuellement… et à jamais. Mouahahaha. Les sous-fifres de la Ministéria rôdaient à l’affût de la moindre tentative d’accès au bonheur. Tu es acculée. Rebrousse chemin.

Désormais tu es au cœur du Labyrinthe de la folie fonctionnariale. Dans ta situation, tu ne peux bénéficier d’aucune aide aux indigents. Même ta propre Guilde, qui t’empêche, il faut le préciser, d’exercer ton sacerdoce ne peux rien t’apporter. Pas un écu. Toutes les portes se ferment. Il te faudra trouver la bonne, celle qui sauvera ta famille et tes espoirs. Trois portes face à toi. Trois sceaux.

Sceau numéro 1 : congé parental et grosse galère d’argent. Ou alors tu deviens garde-chiourme dans le civil. Certes, tu pourras enfin t’adonner aux puissants préceptes de la prêtresse Montessoria mais rester dans ton logis ne te botte pas plus que ça. Si les autres sceaux se révèlent anxiogènes, alors tu rebrousseras chemin pour ce dernier.

Sceau numéro 2 : tu quittes la Guilde. Mais tu as déjà passé tant d’épreuves initiatiques et sacrifié tant de temps que tu ne peux t’y résoudre. Oh ce n’est pas pour la maigre bourse que tu récoltes à la fin du mois, non… mais pour ces mini trolls qui te font croire encore à la puissance du savoir et de la connaissance. Tu es un mage et tu veux le rester. Transmettre ton savoir.

Sceau numéro 3 : la disponibilité. Tu perds tous les bénéfices, ou presque, de ta Guilde. Il te faut alors découvrir quelle activité sera la bonne. Mais encore une fois, c’est sans compter avec les fourberies et imbroglios de l’Académie des feignasses de la capitale. Parce que tous les métiers ne te sont pas accessibles. Or, celui qui t’intéresse fortement fait partie d’une guilde, le Territorialis, qui s’apparente à la Ministéria Educationata mais sur un plan plus local. Tu souhaites former des mages plus âgés, qui commencent déjà à exercer une vocation. Mais la bourse qui te serait versée viendra-t-elle du même coffre que celui de ta guilde ? Des fils à démêler, plus denses et épais que la forêt d’épines de Maléfice. Parce que l’antre des Gestionnaires de feignasses n’est pas apte à te donner l’indice nécessaire, la réponse simple à ton énigme.

Du coup, tu relances le dé. Et tu fais 3bis (oui, c’est un dé magique). Il t’offre la possibilité de cumuler deux chemins en même temps. Tu décides donc de tenter le tout pour le tout au risque de devenir un hors-la-loi de l’Académie. Tu vas creuser du côté du Territorialis. Et dans le même temps, tu vas jouer les mercenaires et trouver des missions pour ton propre compte. Corriger des parchemins, relire des ouvrages.  C’est un équilibre fragile. Tu as ton petit rejeton angélique à garder, tu ne peux pas le confier encore à une nurse parce que les nurses demandent des écus, que tu n’as pas. Alors tu croises les doigts pour que tes efforts paient, le plus rapidement possible.

Courir deux lièvres à la fois. La seule condition de survie. Et tu y crois, avec des hauts et des bas, mais tu y crois. Et un jour, tu n’auras plus à lancer de dés. Pour la Ministéria ou pour une autre Guilde, la question reste en suspens. Mais tu ne relanceras plus… de dés.

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Ha… la grossesse…

La grossesse te va super bien ! Tu es resplendissante ! Nan, mais t’as rien pris là. Tu es encore toute mince ! STOP !!! NON. C’est faux.

D’abord la grossesse, c’est pas le plus beau moment de ta vie. Non, en tous cas, pas pour moi. Même si t’as pas de nausées au début.

Parce que pour commencer, ça les brise un peu de ne pas pouvoir regarder un film en entier. Imaginez si vous regardiez Star Wars et qu’en un battement de cils, vous passiez de Luke qui est en train d’acheter des droïdes pour son oncle à Luke avec une main en moins et qui découvre que Darth Vador est son père… Ca en fait des épisodes ratés… Voilà, parce que franchement qu’en t’es en cloques, t’es fatiguée. Et je ne parle même pas du gremlin à l’intérieur qui, une fois bien installé et prenant du poids se met à avoir le hoquet quand enfin tu avais trouvé ta position pour dormir (soit un angle de 45,7° environ, le dos soutenu par un coussin d’allaitement dont tu entends chaque grain au moindre mouvement, le bras coincé selon un axe précis et les jambes écartées de manière à pouvoir libérer la vessie sur laquelle tu n’as plus aucune prise, aucune…).

Ensuite, tu prends du poids… Je ne m’adresse pas à la copine qui t’écœure parce qu’elle n’en prend pas assez. Et qui rerentre dans son mini 36 le lendemain de l’accouchement. Non je ne parle pas de cette copine-ci… Elle, pendant un temps, c’est plus ta copine… Donc tu prends du poids. Si t’as de la chance de finir ta grossesse l’été, ça passe parce que tu peux ressembler à un cachalot. Quand t’es dans l’eau, ça fait illusion. Faut juste que les enfants ne fassent pas la course jusqu’à la bouée, parce que la bouée… c’est toi ! Mais sache que tes fringues se rapprochent plus de la bâche agricole, que de la dernière saison printemps-été de chez Gaultier. Et non, c’est pas beau. Tes bras ressemblent à du chewing-gum, t’as les jambes comme des poteaux électriques et tes seins t’empêchent de voir tes pieds… C’est moche.

En plus, quand t’es enceinte, tu te mets à marcher différemment. Perso, en traversant le parc, je me suis retournée pour vérifier que les canetons qui étaient nés quelques semaines avant n’étaient pas en train de me suivre, parce qu’ils auraient pu me confondre avec leur mère… Vous visualisez bien le type de démarche que vous vous coltinez ?

Et puis quand t’es enceinte, monter des escaliers c’est comme procéder à l’ascension de l’Everest. C’est hard. Tu souffles comme une vache qui a réussi à atteindre le tas de foin situé à l’autre bout du champ. Te déplacer requiert des calculs savants afin de prendre en compte l’ensemble des paramètres nécessaires pour atteindre ta destination sans incident majeur. Soit : si ta vessie est remplie au un dixième et sachant qu’elle a été vidée trente secondes avant mais a une autonomie de moins de 10 minutes avant compression insupportable, sachant aussi que tes capacités respiratoires se limitent à 30ml d’oxygène par mètre, que tes pieds te font souffrir au bout de 30 pas, que ton ventre se met à peser après 5 minutes de marche et qu’il te faut au moins 15 minutes pour arriver jusqu’à ton bus, ET que le bus met environ 30 minutes pour parvenir à son terminus, ET que tu dois ajouter encore 15 minutes de marche pour parvenir à l’entrée de ton taf ET qu’il reste environ 40 marches avant les prochaines toilettes… Combien de temps pourras-tu tenir avant de faire pipi la prochaine fois ET quelle quantité de liquide peux-tu absorber avant de quitter ton domicile afin d’éviter une inondation et une grosse honte ? L’incontinence, ça n’a l’air de rien, mais pendant ta grossesse, tu y penses. Tout le temps…

Et si en plus, tu as le malheur de ne pas être immunisée contre la toxoplasmose, v’là les emmerdements au niveau bouffe ! Tu surveilles tout. Tu stresses de manger dans un restaurant au cas où ils auraient mal lavé les légumes. Tu ferais limite passer l’inspection d’hygiène pour vérifier la propreté des lieux. Tu as envie de manger de la charcuterie, du fromage et tous les trucs bien gras mais tu peux pas non plus, à cause de la listéria. Bon en fait, en vrai, à la fin tu relâches la pression, t’en peux plus et tu manges tout ce que tu veux… (bon ben alors te plains pas si t’as pris 15 kilos, là…).

Et je ne parle pas des séquelles après l’accouchement, c’est un autre chapitre.

Enfin voilà, quand t’es enceinte, c’est pas forcément les plus beaux moments de ta vie. Mais le résultat est tellement beau que tu finis par oublier ces petits détails insignifiants. Enfin après plusieurs mois tout de même, voire années, quand tu rerentres dans tes fringues quoi !

Quand on est célibataire…

Etre célibataire sans enfant présente sans aucun doute des avantages non négligeables dans une vie déjà fortement contraignante. Vous allez de ce pas découvrir de nombreuses raisons qui prêchent en faveur de ce mode de vie. La liste n’est pas exhaustive.

  1. Quand on est célibataire, on garde tout son fric rien que pour soi et on en fait que ce qu’on veut, sans se poser de question. Et ça c’est bon !! Et si on est à découvert, ça n’emmerde que soi.
  2. Quand on est célibataire, on peut laisser un bordel monstre dans son appart sans se soucier de savoir s’il va falloir faire une énorme concession en acceptant de ne pas envahir l’autre ! Ca n’emmerde que soi ! Haha ! Trop cool !
  3. Quand on est célibataire, on peut jouer aux fringues musicales : jeter ses affaires sur le canap quand on rentre, puis les déplacer sur le lit quand on se pose sur le canap, puis les poser sur une chaise dans la chambre quand on va au lit puis enfin les ranger parce qu’on finit par se porter soi-même sur le système. Mais ça n’emmerde que soi.
  4. Quand on est célibataire, on peut porter son pyjama en pilou tous les soirs et se regarder dans la glace en se disant qu’on est presque sexy ! On s’en fout, se mentir à soi-même, ça n’emmerde que soi.
  5. Quand on est célibataire, on peut danser en petite culotte comme une folle à travers tout l’appart en écoutant 20 fois la même chanson. Ca n’emmerde que soi de savoir que personne ne peut en profiter pour se rincer l’œil.
  6. Quand on est célibataire, on peut regarder des séries moisies en streaming tout en mangeant des aliments peu recommandables pour la santé. On s’en fout, ça n’emmerde que soi de détruire ses intestins.
  7. Quand on est célibataire, on peut se balader où on veut sans avoir à écouter l’autre émettre un vœu pour choisir une direction. Ca n’emmerde que soi de se dire qu’on partagerait bien un bout de chemin en jolie compagnie ou bien qu’on s’est perdu tout seul comme un grand.
  8. Quand on est célibataire, on choisit son rythme et on se couche à l’heure qu’on veut. Ça n’emmerde que soi d’avoir la tête dans le derrière le matin juste à cause de soi-même (quoique, là, petit bémol, ça emmerde aussi les collègues et les victimes de notre mauvaise humeur).
  9. Quand on est célibataire, on a toute la couette pour soi. Pas besoin de lutter pour récupérer les bords ou pour gagner de la place dans le lit. Ça n’emmerde que soi de se dire qu’on aimerait avoir moins froid dans le lit, le soir, quand on se couche, seul…
  10.  Quand on est célibataire, on peut aller voir le film qu’on veut au cinéma. Pas de concession à faire. Ca n’emmerde que soi de ne pas pouvoir partager ses impressions après le film, finalement !
  11.  Bon ben, quand on est célibataire, on a plein de raisons d’être tranquille, avec soi-même, sans quelqu’un pour nous emmerder. On le fait très bien tout seul !

Finalement, quand on est célibataire, on se dit que ce serait peut-être sympa de s’emmerder à deux…

Fleur-Bleue attitude …

Rahlala, on voudrait lutter, hein, on voudrait lutter contre ces incursions sournoises qui viennent parfois envahir votre esprit. Vous connaissez forcément ce truc qui, lorsque vous regardez un p’tit couple trop mimi tout plein à croquer qu’on en mangerait, vous fait d’abord penser que c’est trop des nases, romantisme à deux balles et tout le blabla.

Et puis dans les trois secondes qui succèdent, vous êtes prise d’une soudaine envie de vous épancher en des tonnes de « roh et pourquoi pas moi ?? ». Et là, vous sombrez. Vous sombrez dans un imaginaire qui vous percute de plein fouet et s’incruste dans votre subconscient.

Et c’est parti pour un scénario fleur-bleue qui vous laisse entrevoir tous les clichés contre lesquels vous avez lutté toute votre vie :

–          Il vous fait manger des cerises lors d’un pique-nique dans l’herbe où la couverture ne pique même pas et où les insectes ne viennent pas s’incruster dans vos cheveux ou vos fringues.

–          Il vous filme lors d’une promenade au bord d’une superbe rivière. Et vous ne marchez dans rien qui soit suspect, vous êtes toujours jolie sur la pellicule et vous ne ressemblez pas à un sac à patate dans votre pantalon de rando.

–          Vous partagez avec lui un petit tour de tourniquet dans un parc de jeux pour enfant et vous avez la sensation d’être libre, libre, libre…

–          Au franchissement de la rivière, il vous porte délicatement pour que vous ne mouilliez pas vos petits pieds fragiles. Et vous dépose de l’autre côté, lentement en vous serrant fermement par la taille et en vous offrant un baiser langoureux et plein d’amour.

–          Une autre fois vous… vous… vous… Roh zut ! vous ne trouvez plus d’idées pour enrichir ce scénario si agréable ?

Oui bon ben en réalité, il faut bien le reconnaître, vous ne tripez pas tant que ça sur le bon romantisme ultra classique du roman pour bonne femme. Et ben oui, vous préférez qu’on vous malmène, autant le reconnaître. Le gnangnan vous fatigue très vite. Oui à la sensibilité mais non à la mièvrerie. Et puis, autant l’avouer, à chaque fois que vous vous retrouvez dans une situation un peu romantique, vous avez le chic pour placer la petite tirade un peu trash et pas délicate du tout. Non ?

Ouaip Pretty Woman c’était sympa pour les fringues, mais finalement, Bridget Jones a des côtés bien plus séduisants. Maladroite, brusque, brute de décoffrage. C’est tout de même bien plus attirant. Vous, vous êtes plutôt du genre à vous retrouver avec un bout de salade coincé entre les seins parce que vous avez mangé un sandwich comme une cochonne et qu’il le découvre en vous faisant des bisous partout… Et ben voilà, faut assumer.

Alors, par pitié, rempotez vos fleurs bleues.

Le scénario hollywoodien

Qui n’a jamais rêvé, mais jamais de sa vie, que lui tombe sur le bout du nez une histoire d’amour rocambolesque, un scénario digne des plus drôles films romantiques hollywoodiens ? Un truc à la Woody Allen avec rebondissements, quiproquos et happy end ? Un marivaudage Bridget-Johnsonnien avec son lot de ridicule et de tendresse maladroite. Allez, soyez franc et assumez ce côté midinette que nous avons tous. Oui, même toi, ô mâle, fier et bien assis dans ton rôle de petit macho insensible à la Non-mais-arrête-le-romantisme-ne-passera-pas-par-moi…

Cette histoire n’est pas totalement une fiction, toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existé n’est pas totalement fortuite non plus.

« Sam se languit. Son ex compte bien demeurer son ex jusqu’à la fin des temps et elle se dit qu’il lui faudrait trouver quelqu’un qui vienne détrôner le seigneur de son cœur (oh, un vrai romantisme victorien !). Mais comment ? La meilleure solution reste d’abord de puiser dans le trash, la consolation immédiate et sans engagement, des hommes qui n’attendent que d’être pêcho et de pêcho à leur tour (oui la réalité est parfois beaucoup moins glamour qu’on ne l’espérerait).

Tout autour d’elle, ses amies ne cessent de vanter les mérites de ces amies d’amies d’amies qui, je te jure, ont véritablement trouvé l’amour sur des sites de rencontre. Mais le Vrai. Sam elle-même a pu voir une de ses meilleures copines avec un homme formidable. Alors pourquoi pas moi ? se demande-t-elle, avec une pointe de jalousie un peu lasse.

Et la voilà, écumant le site le plus facile, la SPA de l’amour, le supermarché de la rencontre. Mais la déconvenue lui saute rapidement aux yeux. Les hommes, produits de consommation courante, participant sans le vouloir à la grande politique de l’obsolescence programmée des biens et des êtres, ne se montrent pas à la hauteur. Incapacité chronique à écrire une phrase convenable : « Ci tu est une femme dousse et cokine lol alors ont peu s’entendre, mdr » ; discussion dénuée de toute poésie et d’intérêt littéraire : « Et vas-y t’es bonne ? Tu pratiques le plaisir buccal (non, en général, ils ne connaissent pas ce mot) » « Bonjour, moi c’est Sam… », tente-t-elle désespérément de placer en début de conversation. Bref, elle puise dans les moins crétins, et encore.

Quand un jour, au détour d’une lassitude croissante, elle tombe sur un profil dont une référence littéraire lui saute aux yeux. Non, pas possible, sur ce site ? Un homme qui connaît cet auteur ? Là, débute un échange enflammé, drôle et intelligent, cultivé et pétillant. C’est-à-dire, extrêmement rare. Lui, à des milliers de kilomètres malheureusement pour plusieurs mois, dont les photos feraient pâlir de jalousie Aphrodite elle-même, mène une vie professionnelle à 100 à l’heure. Il trouve tout de même le temps d’envoyer, au réveil, des mots doux charmants, envoutants, déstabilisants. Il craque, il est étonné, il ne pensait pas tomber sur une femme comme Sam. Elle, survoltée, sent son naturel enjoué se décupler au contact de cet homme à la fois si proche et si … inaccessible. Les échanges téléphoniques se prolongent, les heures passent sans que les batteries de l’enthousiasme ne se déchargent. Ils se dévoilent, se font rire, s’attendrissent.

Jusqu’au jour où… Sam demande à le rencontrer enfin, prête à faire le déplacement, pure folie. Et là, une ombre commence à envahir le joli tableau. Il botte en touche, repousse les possibilités. Sam, qui se sait parfois volontairement naïve et confiante, commence à ressentir un changement de température. Elle retrouve ses instincts protecteurs, effectue des recherches sur lui. Ne trouve rien. Trop de choses ne concordent pas.

Puis le déclic. Une recherche sur Internet et le subterfuge est découvert. Son profil est un énorme canular. L’Apollon existe, bien évidemment, mais ce n’est pas celui qui parle à Sam, qui la flatte, qui la fait rire. Il n’a pas la vie professionnelle décrite. Merde il n’est pas celui qu’il prétend être. Mais est-elle gourde, est-elle si naïve ? L’auto-flagellation tente un instant de prendre la place de la raison. Elle, qui érige la vérité en principe absolu, qui combat le mensonge du plus profond de son être. Il lui a menti. Un peu déçue, elle attaque de front. Un sms l’alertant qu’il doit la rappeler, très vite, puis un autre qui montre qu’elle a tout découvert. Au pire si c’est un vrai salaud et qu’il s’est fait griller, il ne rappellera pas.

Mais étrangement, Sam sait au fond d’elle qu’il va l’appeler. Elle ne peut pas oublier que la personne, avec laquelle elle a tant discuté, lui a donné des ailes et qu’il en a eu lui aussi. Alors, curieuse invétérée, elle veut savoir la vérité. Ses amies évidemment le prenne pour un dangereux mythomane et lui déconseille de poursuivre.

Mais Sam est moins catégorique, trouve une explication pour chaque chose. Trop gentille, entend-elle ses amies penser ! Et voilà que l’usurpateur l’appelle. Contrit, s’excusant platement pour le canular. Expliquant qu’il ne savait pas comment s’en dépêtrer, mais qu’il allait révéler la vérité, au plus vite, se sentant mal. Il ne s’attendait pas du tout à tomber sur une personne comme elle, sur ce site de rencontre. Il a été pris à son propre piège, dépourvu.

Deux heures de discussion, une « vraie » photo envoyée, un nouveau récit de vie et la connivence repart de plus belle. Non sans une vérification de toutes les données fournies à cette étape par une amie de la pauvre victime, scrupuleuse pour le bien-être de sa copine ! Les exigences capricieuses de Sam sont sans détour et légitimes. Elle en a parfaitement le droit, il le reconnait. Il vit encore loin de Sam, mais promet de ne plus mentir. Il ne s’agit pas d’amour, pas encore, peut-être jamais, mais la curiosité est piquée, voire marquée au fer rouge.

Une nouvelle phase de découverte s’ouvre, sur le fil du rasoir, mais avec beaucoup d’amusement. Sam préfère le prendre avec amusement. Il en est lui-même étonné. Cette fille n’est pas comme les autres. Même si une petite part d’elle-même est blessée. Mais au jeu de l’amour et du hasard, les petites blessures s’effacent souvent très vite au contact de la réalité de chaque être. Il faut seulement essayer d’y voir les plus belles parties et être conscient que celles qui sont plus sombres contribuent au charme plus envoutant et plus énigmatique des personnes rencontrées.

Et qui n’a jamais péché me jette la première pierre……………………………….. Aïe. MENTEUR !

[NDLR : cette histoire pourrait se dérouler en plusieurs épisodes, la suite pourrait venir ou ne pas venir, cela dépendra des protagonistes et de l’inspiration de l’auteur.]

A Saucerful of Secrets inspires

Les poèmes (pour lesquels je n’ai aucune prétention), sont actuellement le mode d’écriture qui me vient le plus naturellement.

Alors je vous livre un troisième poème qui m’a été inspiré par l’album A Saucerful of Secrets de Pink Floyd.

 

Aigus pénétrants, distorsions expiatoires

Sonorités qui sondent les entrailles

Tordues par le souffle de la peur.

Vagues déferlantes aux parfums de sabbat

Stupre délicat, enivrant de lascivité.

Musique intriguant avec les âmes

Attachées aux sons lourds,

Basses dissonantes, tendues

Vers les profondeurs nocives

D’un esprit malhabile et couard.

Pression des sens perdus

Dans les affres de la perplexité sonore.

Battement du corps

Soumis aux exigences de la complexité.

Pénétration indécente

D’un rythme effréné.

Butoir perfide d’une liberté

Avide de fuir.

Pause.

Sérénité orgasmique.

Soulagement.

N’être que soi.

 

Poème (2) … moins rare

Regard gris d’acier

Transperçant la naïveté des sentiments.

Rage folle étouffée dans un écrin vicié.

Colère dévorante

Irriguant l’esprit comme une crue acharnée.

Armure de violence

Insufflant une force exacerbée.

Frapper, frapper pour blesser,

Défendre son âme au prix de la douleur de l’autre.

Lutte sourde, corps fébrile

Se rattachant à l’équilibre précaire de la raison.

Désir de destruction, de souffrance.

Sensualité de la douleur

S’immisçant dans les replis de mon être.

Insupportable trahison,

Amertume des sensations.

Fureur contenue

Se diluant comme un poison.

Virulence des mots,

Assourdissants.

Eréthisme puissant

Dernier spasme du cœur,

Battant.

Dépôt de plainte

Oui, aujourd’hui je dépose plainte. Je la laisse là au bord du chemin, j’essaie de l’abandonner. Elle a eu une influence trop néfaste sur ma vie. Je libère son énergie dévastatrice, ses ondes négatives qui irradiaient et touchaient les êtres qui m’étaient les plus chers et qui ont fui.

Plainte, je m’adresse à toi maintenant. Tu ne dois plus envahir ma vie ! Va-t-en et ne reviens pas. Ou du moins pas trop souvent. De toute façon, Plainte, si tu reviens pointer le bout de ton nez, je lutterai de toutes mes forces, je te jetterai des cailloux. Je te condamne à errer dans les limbes de l’enfer. Peut-être t’y purifieras-tu ? Tu dois apprendre à te faire discrète et à ne pas envahir l’aura des autres. Tu es destructrice et je ne veux plus de toi. Alors dégage, disparais de ma vue !

Bon ben j’espère que le proverbe « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé » n’est pas vérifié à chaque fois. Parce que vraiment, je ne veux plus la voir.