Etre une fan de rugby, tu sais, c’est pas si facile

Une fois n’est pas coutume, je publie une chronique qui vient d’être publiée dans le magazine pour lequel je bosse : F’Ames/Oz’Omes, magazine gratuit du Grand La Rochelle et de l’Ile de Ré ! Si ça vous plaît, n’hésitez pas à me l’écrire sur le blog. Merci !

Avis aux lecteurs : cette chronique ne concerne pas les aficionadas du rugby… elles sont trop fortes. Vous savez, toutes ces femmes qui s’y connaissent tellement en rugby qu’elles réchauffent votre bière dès qu’elles commencent à parler du dernier match du Top 14. De manière non caricaturale, elles portent un nom basque, elles analysent les phases de jeu en vous donnant des complexes même si vous êtes joueur de l’équipe de France et vous avez arrêté de jouer avec elle au Trivial Poursuit spécial sport parce qu’elles vous laminent en trois tours de dés (oui, elles ont en plus la gagne au jeu !).

Non, cette chronique s’adresse à la clémence des rugbymen, des vrais, mais aussi aux rugbymen de salon, qui renversent leur pinte en s’approchant de l’écran et en hurlant « Allez, allez, allez les Jaunes et Noirs » quand leur équipe joue dans les cinq mètres de l’en-but.

Nous vous demandons, ici, la plus grande clémence pour nous, les fans de rugby qui vous aiment mais… qui n’y connaissent rien ! On aura beau faire, on vibrera toujours en regardant un match de beaux hommes musclés, tatoués et tout suintant de sueur (je m’égare pardon)… Mais oui, il se peut que parfois, au détour d’une action, nous puissions nous écrier : « Hey mais y a pénalty, là ! Il fait quoi l’arbitre ? Nan, mais il a eu son diplôme dans un paquet Bonux ou quoi, ce bip bip bip » (la rédaction se donne le droit de censurer, surtout pour défendre ces pauvres arbitres trop souvent maltraités). Ou alors de poser la question, le plus naïvement du monde : « Pourquoi y-a-t-il un coup-franc ? » au moment où un joueur s’apprête à transformer un essai.

De même, nous confondrons toujours les ailiers, les trois-quart-aile et les talonneurs. Mais par contre nous avons bien retenu que le demi-de-mêlée, c’est le petit nerveux et le gros baraqué, le pilier. Ҫa, pas de problème.

Et oui, nous continuerons à faire des commentaires sur l’aspect moulant ou la couleur des maillots, tout en demandant, avec des yeux malicieux et pétillants, si c’est bien ce joueur-là, le beau gosse, qui a posé pour les Dieux du Stade, le sourire et le regard perdus vers des horizons lointains promesses de doux… (pardon, je me re-égare).

Parfois, aussi, il nous arrivera peut-être de demander pourquoi l’arbitre ne siffle pas un en-avant alors que nous n’avons pas remarqué qu’ils ont changé de sens de terrain.

Enfin, nous souffrirons pour vous, qui frottez vos tristes oreilles contre celles de vos adversaires ; nous pousserons des cris stridents de douleur lors d’un plaquage un peu musclé avec des « Oh, le pôvre » apitoyés.

Mais quoi qu’il arrive, même si nous enchaînons les maladresses, que nous ne connaissons pas le nom de tous les joueurs, vous pourrez toujours compter sur nous pour vous supporter, crier « Ici, ici c’est La Rochelle », vous soutenir et jouer les furies dans les gradins, quitte à vous coller une honte monumentale, quand vous perdrez des batailles mais gagnerez vos guerres.

Les filles, c’est nul

Ouaip, les filles c’est nul. D’abord ça pleurniche toujours. Quand on leur prend leur poupée, quand on veut pas qu’elles jouent avec notre tractopelle, quand on leur tire les cheveux alors qu’elles voulaient jouer à la bagarre avec nous. Pff, les filles c’est nul. En plus à l’école souvent, les filles, ça travaille mieux. Mais en fait, c’est pas vrai, c’est juste que c’est nul parce qu’elles savent être discrètes, c’est tout en fait. Elles font autant de bêtises que nous.

Les filles c’est nul parce que ça fait toujours des histoires, ça complique toujours tout parce que ça réfléchit trop. Mince on se demande même comment leur cerveau, hé ben, il prend pas feu tellement on a l’impression qu’il fonctionne tout le temps. C’est bizarre quand même ! Parfois, ça ne s’arrête pas de parler. On cherche le bouton off mais non, ça continue. Et puis c’est souvent impressionnant parce que ça passe d’une idée à une autre alors qu’on a même pas eu le temps de comprendre les deux premières.

Les filles c’est nul parce que ça a un corps qui est à la fois super beau et en même temps, ça a l’air hyper compliqué. Y a plein de trucs à l’intérieur d’elles-mêmes qui jouent sur leur humeur. Et parfois leur humeur, ben faut la supporter ! Et puis ça revient régulièrement ! Vaut mieux être averti.

Bon et puis les filles c’est nul parce que ça sait faire plein de trucs en même temps. On dirait presque des pieuvres ou la déesse indienne, là, qui a plein de bras. Les filles, c’est comme un tourbillon perpétuel (ouh il est dur dur ce mot !). Moi je dis qu’elles ressemblent à Tornade quand elles sont dans une maison. Bon, le seul truc c’est que, comme elles ont pas de super pouvoirs, ben, elles râlent en faisant toutes ces activités. Hé, je peux vous le dire, parfois on se demande même pourquoi elles mettent autant d’importance dans tous ces trucs du quotidien (ranger, faire le ménage, la vaisselle dans les temps, etc). Ça veut même qu’on fasse son lit tous les matins. Pff, c’est nul les filles.

Bon par contre les filles, c’est vrai, ça nous donne envie de les serrer fort dans ses bras parce qu’elles sont pas toujours embêtantes quand même. Alors on veut bien être gentils. Et puis les filles ça nous fait vivre des trucs quand même bien sympas. Avec les filles, on voit pas tout à fait le monde de la même façon. Parfois c’est plus délicat, une fille. C’est ça qui est chouette. Et puis les filles d’aujourd’hui, elles sont cools finalement parce qu’elles nous apprennent à accepter des trucs qu’on avait l’impression que les garçons ils n’avaient pas le droit de faire sortir. Des trucs enfouis très profondément, et depuis longtemps, p’t’être trop longtemps.

C’est vrai que les filles c’est pas toujours complètement nul. Parfois on se dit même qu’on voudrait être des petites souris pour pouvoir observer leur monde, ou bien être des savants fous pour rentrer dans leur cerveau. Et puis je suis presque sûr qu’en fait, et ben, les filles ça aimerait bien faire la même chose avec nous.

Les filles, finalement, je suis sûr, c’est comme nous au fond. Des petites choses sur la Terre qui ne demandent qu’à vivre pleinement. Les filles, on devrait peut-être les écouter plus, parfois, nous, les garçons.

[NDLR : hommage à toutes les femmes qu’on fait taire trop souvent ou que l’on cantonne à ce qu’elles ne sont pas : des esclaves et lutte contre les connards qui prônent le « genre ».]